«La clientèle vieillit, il n’y a pas de relève et le sport n’est pas en progression.» Ce sont des commentaires que l’on entend fréquemment depuis quelques années au sujet du golf, surtout en région urbaine, où les tarifs sont aussi les plus élevés.
Est-ce vrai ou faut-il changer certaines façons de faire? Le nouveau propriétaire du club de golf de Waterloo, en Montérégie, Joslin Coderre, semble sur la piste de quelque chose de fort intéressant.
En fait, il applique la recette «Ski Bromont». Il a décidé de baisser les prix et de miser sur le volume. En moins de trois ans, il a triplé son chiffre d’affaires.
Il enregistre, cette année, une hausse de 20 % du nombre de rondes de golf jouées chez lui. 10 000 rondes de golf de plus que l’an dernier, pour un total de 54 000.
Le nombre de membres a doublé et atteint maintenant 500, dont presque la moitié à moins de 40 ans.
Les camps de jour pour les jeunes ont aussi connu un très gros succès cet été.
Imaginez, 54 000 rondes de golf à Waterloo.
À une heure de Montréal, au fond de la campagne…
Pourtant, c’est le même jeu qu’ailleurs et il n’a pas fait plus beau à Waterloo qu’ailleurs en mai et en juin.
Joslin Coderre applique simplement la recette de plusieurs stations de ski, dont Ski Bromont qui, il y a quelques années, a décidé de laisser tomber les gros prix pour offrir des passes de ski à 99$.
En moins de deux ans, le nombre de détenteurs est passé de 4000 à 50 000. Un record.
L’hiver dernier, Bromont a enregistré 800 000 jours/ski. Un record de tous les temps. C’était même plus que Tremblant et plus que Saint-Sauveur.
À 99$ pour une passe de saison, personne ne se demande si ça vaut la peine.
Du golf à 15$
La recette de Bromont s’exporte donc avec succès dans le monde du golf. Depuis deux ans, on peut jouer au golf pour 15$ à Waterloo, même le week-end après 15h. En semaine, après 15h, la voiturette électrique est même comprise.
Pour avoir joué à quelques reprises sur ce terrain, en semaine, cet été, il faut voir de très nombreux travailleurs de la région débarquer à Waterloo vers 16h pour y jouer une ronde de golf entre amis pour pas cher.
Mais s’il y a économie sur le prix du golf, les gars semblaient se reprendre sur la bière…
Le terrain est bien (il y a deux parcours de 18 trous), l’accueil y est sympathique et sans prétention et le prix est excellent.
Et tous ces joueurs s’arrêtent tous ou presque pour prendre un sandwich, un hot dog ou une bière, ce qui, à la fin de l’année, peut justement faire la différence dans les revenus tout en offrant un droit de jeu à bas prix.
Dans des entrevues accordées au quotidien La Voix de l’Est en fin de semaine dernière, les propriétaires de plusieurs terrains de la même région (Cowansville, Farnham, Sutton ou Roxton Pond) n’affichaient pas les mêmes résultats, invoquant le temps, le vieillissement et même le prix de l’essence.
Oui, mais pourquoi pas à Waterloo?
L’équation semble pourtant simple.
Des centaines de golfeurs préfèrent aller jouer trois ou quatre fois à Waterloo pour 60$, plutôt que de payer 45,50$ et même 70$ pour une seule ronde ailleurs, comme au Royal Bromont, par exemple.
Sur la Rive-Sud, plusieurs golfs qui affichent des tarifs semblables termineront la saison soit avec une baisse de l’achalandage ou, dans les meilleurs cas, avec une parité comparée à l’an dernier.
Le résultat aurait-il été différent si les tarifs avaient été plus bas?

