BROSSARD – Un citoyen de Saint-Hubert partira de Brossard ce samedi 16 juin à midi pour un périple de 1600 kilomètres à pied sur les routes du Québec. Une marche qu’il compte réaliser en quatre phases et sur 90 jours.
Richard Lavoie entreprend cette marche pour sensibiliser les gens au suicide, à la détresse psychologique, l’intimidation et la violence sous toutes ses formes.
C’est la quatrième fois que M. Lavoie part ainsi à l’aventure dans les régions du Québec pour cette cause qui lui tient à cœur. En entrevue téléphonique auRive-Sud Express.ca, il affirme qu’aucun de ses proches ne s’est suicidé. Menuisier de profession et amateur de musique et de théâtre, il s’est intéressé au sujet du suicide en faisant de la vidéo, en 2002. «Je me suis renseigné un peu sur le taux de suicide dans le monde et sur les organismes qui faisaient de la prévention», a-t-il raconté, d’où l’idée de commencer une première marche en 2003, puis une autre et 2004 et enfin en 2005.
Un fait divers sur une jeune femme qui s’est suicidée en Gaspésie, un peu plus tôt cette année, précisément à la suite d’intimidation, l’a convaincu de reprendre le bâton du pèlerin. M. Lavoie est plutôt critique à l’endroit des organismes de prévention du suicide. Aussi, il estime qu’on ne cible pas suffisamment ceux qui sont responsables de la souffrance des personnes qui en viennent à commettre l’irréparable.
Le 26 mai, des membres de sa famille ont organisé une journée de financement pour supporter M. Lavoie et lui donner un coup de main. Le Défi Vie/Santé 90 jours qu’il tente de relever l’amènera donc sur les routes du Québec accompagné d‘une petite remorque qu’il a confectionné, plus confortable qu’une simple tente comme à ses premières marches.
Il quitte donc Brossard ce samedi pour Hull (Gatineau) non sans un détour par Valleyfied, Rigaud, Hudson et la route vers l’Outaouais, dans un premier temps, avec un retour sur ses pas pour se rendre par le nord de Montréal, à Repentigny, et revenir à Brossard via Montréal. Dans une seconde étape, il ira jusqu’à Rivière du Loup. Ensuite, il entend parcourir le Saguenay et faire le tour du Lac St-Jean. Il compte terminer le tout par une marche de Brossard jusqu'à Sainte-Agathe.
L’homme de 56 ans qui se décrit lui-même comme un «justicier psychologique» a déjà écrit un livre et travaille sur un long métrage sur la question du suicide et des différents thèmes qui y sont liés. Un travail de longue haleine. Il laisse entendre que plusieurs des gens qui viennent le voir, le long de sa route, se plaignent beaucoup de la façon dont fonctionnent les organismes de prévention du suicide. Il estime qu’en général, les gens «ont besoin de parler». Les proches affectés par un suicide ont peu d’occasion de parler, «c’est tabou».
Pour lui, la plupart des gens ayant des pensées suicidaires, des gens qui prennent des drogues ou des toxicomanes, sont des gens hyperémotifs. «Nous n’apprenons pas à ces gens à gérer leurs émotions». Les Québécois, on le voit dans les statistiques, dit-il, voudraient un travail plus «cool», pour expliquer certains phénomènes dont le fait que tous ne peuvent pas «dealer» avec le stress qu’apporte la performance et le rythme demandé aujourd’hui dans la vie professionnelle.

