Ah oui! C’est pas dangereux? Des gens comme ça… ça fait rien, ça prend de la drogue et ça profite du système. Santé mentale! Y’a rien à faire rendu là, non? Itinérance! Ah, c’est déprimant, t’as pas peur aux maladies? Ouf! c’est une vocation, ça en prend du monde comme vous.
Non, non et non, nous n’avons pas peur, ce ne sont pas des gens malpropres et ce n’est pas non plus une vocation. Les intervenants travaillent auprès d’individus qui ont des besoins particuliers et un parcours de vie différent de celui que l’on connaît généralement. À la Maison Jacques-Ferron, comme dans plusieurs autres organismes de la ville de Longueuil, les intervenants travaillent auprès d’une clientèle présentant des problèmes de santé mentale et étant, dans une certaine mesure, à risque d’itinérance.
Les personnes atteintes de problèmes de santé mentale sont des individus qui ont un contact à la réalité différent de celui communément admis. C’est donc dire que le regard que ces personnes posent sur les différentes sphères de leur vie n’a pas la même acuité qu’il a déjà eue. En effet, puisque les troubles de santé mentale se manifestent généralement à l’adolescence, les personnes atteintes doivent composer avec une souffrance qui leur était auparavant inconnue.
À cela s’ajoute le risque d’itinérance. Lorsqu’on travaille en santé mentale, on voit l’itinérance à travers la lunette des troubles mentaux. L’inverse est aussi possible. On ne peut donc pas déterminer ce qui vient en premier, l’itinérance ou les problèmes de santé mentale. Chose certaine, les personnes atteintes peuvent être à risque d’itinérance et vice versa.
À la Maison Jacques-Ferron, les intervenants font l’exercice d’identifier certaines caractéristiques qui accentuent le risque d’itinérance, et qui sont observées chez les résidents. En ordre de fréquence d’apparition, nous retrouvons la gestion difficile d’un budget, l’absence d’un réseau social adéquat, ou les difficultés à établir un lien stable avec d’autres personnes ou avec la prise régulière de médication. Viennent ensuite l’absence d’un suivi communautaire, une mauvaise hygiène de vie, puis la toxicomanie.
Puisque nous reconnaissons en ces facteurs des risques d’itinérance et des entraves à un fonctionnement adéquat, les intervenants donnent à leurs résidents le défi de travailler chacun de ces aspects durant leur séjour. Ils croient que chacun d’entre eux est capable de progresser à leur rythme vers un meilleur équilibre de vie.
En somme, l’itinérance est une problématique qu’ils ont en tête. Ils doivent donc se maintenir informés des enjeux touchant l’itinérance, afin de la prévenir auprès des individus qu’ils hébergeront. De là découle l’association avec la Table Itinérance Rive-Sud, ainsi qu’à des initiatives comme la Nuit des Sans-Abri Rive-Sud.
Une marche la nuit pour les sans-abri
Une marche la nuit pour sensibiliser la population à la réalité des sans-abri aura lieu le 21 octobre prochain.
Cette marche, qui se veut festive et animée de solidarité et de sensibilisation aux conséquences de la pauvreté, empruntera différentes rues de Longueuil. Lors de cette marche, les participants s’arrêteront et visiteront cinq organismes du territoire dédiés à la lutte contre l’itinérance.
Le vendredi 21 octobre, à 18h30, à partir de l’église Saint-Georges, 700, rue Préfontaine, Longueuil (près de l’intersection des rues Sainte-Hélène et Desaulniers). Info: Marco Carpinteyro, coordonnateur de la Table Itinérance Rive-Sud, 450 646-7809; tirs@live.ca; www.facebook/Nuitdessansabririvesud.