Je suis la maman d’un garçon de 5 ans qui, malgré son jeune âge, me comble de fierté. Andy est différent. À trois ans, il ne disait que 3-4 mots et ne comprenait pas une question aussi simple que : comment t’appelles-tu? Évidemment, les consignes lui laissaient de gros « points d’interrogations dans les yeux ». Andy répétait systématiquement tout ce que nous lui disions, mais sans en comprendre le sens…
Au début, j’ai pensé qu’il avait peut-être un problème auditif (ou liquide derrière le tympan), mais un spécialiste m’a rapidement confirmé que non. Votre enfant est « dans la norme » m’a-t-il répondu. La norme pour un enfant de cet âge est de 3 à 400 mots et en plus, c’est un garçon, laissez-lui du temps!
Ne me sentant pas du tout rassurée par cette réponse, je me suis adressée à différents professionnels. Son pédiatre trouvant lui aussi qu’Andy accusait un retard de langage, me réfère en orthophonie. Après plusieurs appels infructueux (les listes d’attentes atteignant parfois 2 ans) je trouve finalement une orthophoniste qui accepte de prendre Andy à raison d’une heure aux deux semaines. Elle me confirme son retard. Elle note également qu’Andy semble « dans sa bulle » et qu’il a quelques caractéristiques spécifiques qui lui font douter qu’il ne s’agit pas simplement de retard de langage. On demande alors une consultation en pédopsychiatrie.
Mais que l’attente fût longue! Qu’il est difficile pour un parent de savoir que son enfant a des difficultés. Je savais qu’Andy n’avait pas un retard mental sévère, mais plus les jours passaient, plus je me posais des questions. Pourquoi en plus de sa difficulté de langage, il éprouvait de la difficulté à « faire des scénarios » en jouant? Pourquoi était-il incapable de lancer ou attraper un ballon? Pourquoi avait-il peur des séchoirs, de la douche, du téléphone? Pourquoi ces crises et cette rigidité?... la liste est longue! Andy n’avait pas de diagnostic donc pas de support de ressource comme le CMR (Centre Montérégien de Réadaptation) et pas non plus de groupe de soutien pour les parents!
Une heure d’orthophonie aux deux semaines c’était bien peu faire pour palier à un retard qui prenait de l’ampleur à mesure que notre petit homme grandissait, sans compter que ces séances l’aidaient uniquement au niveau langagier! Mon conjoint et moi tentions du mieux que nous pouvions de l’aider à cheminer avec ses difficultés mais sans savoir ce qui était approprié pour lui.
Allo la culpabilité et allo l’impuissance!
Qu’est-ce que nous n’avions pas fait correctement?
Quoi faire maintenant?
Andy pourra-t-il aller à l’école?
Un jour, ma mère tombe sur un article de magasine qui parle d’une Académie venant en aide aux jeunes enfants de 3-5 ans ayant un trouble de langage. On y traite la dysphasie (troubles primaires du langage), la dyspraxie et les retards de langages moyens à sévères.
L’Académie des sons et des mots (JJ) est située à Longueuil. Cette petite Académie, très chaleureuse, est aménagée de façon à maximiser le développement de nos petits trésors. Par exemple, les enfants possèdent chacun leur propre chaise ergonomique (meilleure posture) favorisant une meilleure concentration. De cette façon, ils sont plus disponibles à l’apprentissage.
Andy aura la chance de se joindre au groupe en septembre 2010 à raison de deux jours par semaine. Ne sachant pas trop à quoi m’attendre, j’ai préféré qu’il débute à temps partiel. Je savais à ce moment que la propriétaire Julie Juneau, possédait plus de 15 ans d’expériences avec ces enfants et qu’elle parvenait à l’aide d’efforts soutenus à contredire certains des pronostics les plus sombres.
Quel spectacle que de voir ces petits bouts de choux, chacun ayant leurs propres difficultés et particularités se retrouver dans un petit groupe de 5-6 enfants « à l’école du langage » et de respecter de façon exemplaire les forces et les faiblesses de chacun.
Ce qui m’a également marquée, c’est de constater la variété d’ateliers proposés à ces enfants, sous forme de jeux. Rien n’est laissé au hasard : Exercices de bouche (pour renforcer les muscles et les nerfs de la bouche), causerie (pour favoriser l’échange verbal entre les enfants), vocabulaire (lexique), matière d’éveil (notions spatiales, notions de quantité, chiffres, exercice trouver l’intrus, calligraphie, notion avant-après, etc.), comptines et chansons, motricité fine (bricolages), motricité globale (nœuds, parcours avec obstacles, mouvements de relaxation, etc.), autonomie (s’habiller seul, attacher lacets, etc.), responsabilisation (attribution de petites tâches quotidiennes à tour de rôle).
Plusieurs parents d’enfants qui fréquentent l’Académie aimeraient témoigner. Dominique et son petit garçon Jean vous impressionneraient certainement. Jean est né prématurément avec plusieurs malformations dont une fente palatine sévère. Il s’alimentait difficilement et ne parlait pas. Les médecins ont été peu encourageants à son sujet. Aujourd’hui, après plusieurs mois, Jean est un autre petit miracle de l’Académie. Comme il est touchant lorsque je le croise sur le perron le matin et qu’il jase avec Andy de ses supers héros favoris! Les médecins de Ste-Justine sont abasourdis du travail accompli, non seulement du coté vocabulaire, mais également et surtout au niveau « mécanique » étant donné ses malformations.
Je ne sais pas comment Julie Juneau s’y prends avec nos enfants, mais elle a certainement un don.
Andy, rentrera à la maternelle « régulière » à l’automne et il parle tellement bien! Son pédopsychiatre parle de possible diagnostic de TED, mais il a tellement cheminé et ses retards sont tellement subtils qu’il ne veut pas, pour le moment, poser de diagnostic. J’aimerais que d’autres parents, qui se retrouvent là ou nous étions il y a deux ans, sachent que ce genre de ressource existe et QU’IL Y A DES L’ESPOIR!
www.academiedessonsetdesmots.com
Marie-Josée D’Amours
Longueuil

Je connais personnellement Julie Juneau car elle a enseigné à Jean-David au pré-scolaire et elle le suit toujours à domicile. Lorsqu’elle a commencé à enseigner à Jean-David à 3 ans, il était non-verbal. Elle m’avait prédit qu’il entrerait à l’école en classe normale et elle et Jean-David ont réussi le défi !