La discourtoisie au volant, la pointe de l’iceberg.

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Il n’est pas rare que mon œil d’observateur me fasse dire que dans cette société moderne l’ensemble de nos valeurs est dorénavant réduit à la rapidité et à la profitabilité des choses. Le respect envers l’être humain, lui, se voit repousser bien loin derrière. En commençant par un premier exemple, il suffit de circuler à pied pour se rendre compte combien nous avons perdu en termes de civilité.

Ma blonde et moi faisons une promenade quotidienne depuis six ans maintenant, et je peux vous assurer qu’il est dangereux de traverser les rues. Et moi qui croyais que les gens de Saint-Lambert pouvaient être plus conscients, et mieux élevés. Pas du tout. C’est le même problème partout: les automobilistes perdent en courtoisie. Mis à part quelques-uns qui à l’occasion feront preuve de civisme en tendant la main pour vous laisser passer, traverser la rue est presque devenu un défi.

Je sais, plusieurs ont déjà envie de rétorquer que les piétons ne traversent pas toujours au bon endroit. Et je le leur accorde. Mais ce dont je parle ici, c’est justement des passages piétonniers. Même ces zones à priorité piétonnière sont devenues dangereuses. Je mets n’importe qui au défi de traverser aux coins de rue dans Saint-Lambert en ne se fiant qu’à la priorité. Certainement les coins de rue formés par la rue Victoria au centre-ville en tout cas. Et ce revêtement nec plus ultra qui dorénavant décore ces zones de sécurité n’y change absolument rien. J’ai rarement vu des automobilistes aussi impatients, aussi pressés de circuler. Certains vont jusqu’à montrer une moue de surprise lorsque soudainement ils vous aperçoivent. IL est vrai qu’en pleine ville un piéton ou une bicyclette sur un coin de rue, c’est plutôt inusité.

Le point que je veux faire aujourd’hui est que cette discourtoisie de la part des automobilistes n’est que la pointe de l’iceberg. Le problème de la perte de valeur va loin en profondeur. Il prend racine d’abord dans la piètre qualité de notre système d’éducation. En investissant de moins en moins en Éducation, on s’assure d’obtenir des citoyens moins conscients, moins responsables, par conséquent, des parents tout aussi inconscients. Puis c’est le cercle vicieux qui prend la relève. Pour en arriver à une société qui perd ses amarres, perd de vue la chose la plus précieuse, c'est-à-dire nous-mêmes, les êtres humains. Toujours à mon point de vue, les machines, qu’elles soient mécaniques ou électroniques, ne devraient jamais avoir priorité sur les humains. Voilà le respect que nous devrions cultiver.

Quelquefois j’aurais envie de mettre une partie de la faute sur la technologie et sur le « tout va trop vite ». Mais qu’est-ce qui va trop vite? N’est-ce pas nous-mêmes ? En tout cas, lorsque mon téléphone cellulaire risque de déranger ou d’interrompre une conversation, je le ferme, moi. Malheureusement, en matière de respect envers autrui, ce n’est pas la réaction du plus grand nombre. Imaginez maintenant mon opinion sur les automobilistes qui, outrepassant la loi, utilisent encore leur cellulaire au volant. Cellulaire ou autre machine, c’est justement là que nous perdons pieds : dans le discernement de ce qui se fait ou ne se fait pas.

Pas besoin d’un laboratoire ou d’une étude scientifique de trois cents pages pour le constater, partout on peut observer que la valeur première n’est plus l’être humain. Les règles de bienséance, la politesse et le respect sont des valeurs décroissantes. En fait, je ne suis pas vraiment surpris. À travers nos gouvernements souffrant de mollesse chronique, nous investissons toujours trop peu dans cette Éducation. Actuellement un peu plus 2 % du budget provincial (14 milliards de dollars). Pourtant, c’est là la base de toute société lucide et responsable. Or nous dépensons le double en Santé. Pourquoi ? Parce que cette chère société moderne que nous avons bâtie penche, encore une fois, plus du côté de l’aberration que celui du bon sens. Ce qui m’amène à mon deuxième exemple et à notre manque de discernement. À ce système de santé qui préconise la pharmaceutique en omettant la règle la plus fondamentale qui soit, la règle de base de toute vie : une bonne santé par une saine alimentation. Quelle rengaine ! diront les récalcitrants. Mais quelle vérité ! Rien n’est plus simple pourtant. Sauf que le manque de discernement, lui-même produit par cette piètre Éducation (un méchant cercle vicieux) empêche un nombre croissant de citoyens de ne pas tomber dans le piège de la médication permanente ; méthode qui aujourd’hui écrase d’emblée la simple règle de la santé. Surtout du fait que l’industrie de la transformation alimentaire et la science font tout pour compliquer les choses. Tandis que le premier exploite sans vergogne le besoin intrinsèque de tout être vivant pour le sel, le sucre et le gras, le second décortique les cellules corporelles humaines pour ne jamais trouver la vraie cause des cancers (détermination ou bêtise ?). Devant ce chaos informatif, un seul outil possible : la lucidité, et l’équilibre. L’équilibre…, n’est-ce pas là la chose que nous avons perdue ? La seule chose à récupérer ?

Cette inconscience, ou indifférence envers nous-mêmes et les autres se fait omniprésente. Par un inexplicable entêtement à ne pas corriger ces absurdités systémiques (l’Éducation et la Santé), nous nous enfonçons dans le tourbillon des aberrations. Vers une société qui a peu d’avenir. Si seulement nous pouvions renverser l’équation budgétaire de ces deux ministères, nous pourrions éviter aux prochaines générations de se ramasser avec des citoyens irrespectueux et incapables de distinction entre ce qui est bon ou mauvais pour eux, pour leur propre santé, et pour la collectivité.

Mais cela, est-ce vraiment ce à quoi nos politiciens aspirent ?

C'était l'opinion d'un nobody - Constant Vanier, Saint-Lambert

Lieux géographiques: Saint-Lambert, Rue Victoria

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