Autoroute 30: craintes pour la protection de l’environnement

Patrick Duchesneau
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L’ouverture prochaine de l’autoroute 30 fera probablement bien des heureux. Mais du côté des environnementalistes, on regarde le tout avec un regard plus sceptique.

L’ouverture prochaine de l’autoroute 30 fera probablement bien des heureux. Mais du côté des environnementalistes, on regarde le tout avec un regard plus sceptique.

Du côté de la SCABRIC (Société de conservation et d’aménagement du bassin de la rivière Châteauguay), on s’inquiète notamment des polluants comme le sel de déglaçage qui pourraient contaminer les cours d’eau. « Par exemple, sur le pont qui traverse la Châteauguay, les tuyaux d’écoulement de l’eau s’en vont directement dans la rivière. Aménager des bassins de décantation aurait pourtant réglé le problème », déplore Geneviève Audet, agente à l’environnement pour la SCABRIC. Selon elle, il existe encore peu d’études qui se penchent sur les effets des rejets du sel dans l’environnement.

Cela dit, tout n’est pas noir. « On sait qu’il y a beaucoup d’achigans qui fraient dans la rivière à cet endroit. Or, le pilier du pont qui traverse la rivière a été placé de façon à éviter une frayère », apprécie Mme Audet.

Même situation du côté du pont qui traverse le fleuve Saint-Laurent. Selon Erin O’Hare, directrice générale du Comité zone d’intervention prioritaire (ZIP) du Haut-Saint-Laurent, aucune frayère n’a été directement affectée par la construction du pont.

Par ailleurs, l’organisme continu à suivre de près le dossier du déversement de béton liquide dans le fleuve Saint-Laurent en août dernier. Malgré les propos rassurants de NA-30 suite à l’incident, Mme O’Hare s’inquiète des répercussions potentielles. « Quand on introduit une substance non naturelle dans un milieu naturel, ça a un effet nocif sur l’habitat des poissons et sur la flore aquatique », souligne la directrice.

Pression des promoteurs sur les terres

Ce qui inquiète le plus la SCABRIC, c’est la pression qu’exercera l’autoroute sur le développement. « En arrière-plan, il va y avoir une pression pour récupérer les espaces le long du tronçon. Chaque noyau villageois va vouloir s’étaler. Et ce sont les milieux humides qui font le plus souvent les frais du développement », s’inquiète Serge Bourdon, président de la SCABRIC.

Des craintes qui sont tempérées par Maurice Talissé, président du syndicat local de l’Union des producteurs agricoles (UPA) du Roussillon. « La 30, on n’était pas contre. Le tracé est défini depuis longtemps », estime M. Talissé pour le tronçon Ouest. Par contre, le tronçon Est de l’autoroute inquiète davantage le président de l’UPA Roussillon. « Ça représente 130 hectares perdus et 485 hectares de terres enclavées qui vont subir d’énormes pressions de la part des promoteurs », croit M. Talissé qui était en faveur du tracé Nord sur la 132.

Le président de l’UPA se demande également si l’ouverture de l’autoroute aidera vraiment les agriculteurs à écouler leurs produits en facilitant l’accès à divers marchés. « Il n’y a que le temps qui nous le dira. Mais les transports se faisaient pareils avant », rappelle M. Talissé.

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