Germaine a eu 15 ans jeudi dernier.
Mais le 13 octobre, ce n’était pas une bonne journée pour souligner son anniversaire.
Le samedi, c’est mieux.
Mais parce que rien n’est jamais simple avec Germaine, on a fêté beaucoup et souvent.
Jeudi matin, à son lever, parce que j’ai pilé sur mon orgueil pour lui faire à déjeuner, je l’ai accueillie avec une première assiette festive.
Fraises fraîches, tartine au fromage et beurre d’arachides avec un coulis au miel.
Et j’ai planté une chandelle allumée au centre de la tranche de pain pour faire comme si c’était un gâteau d’anniversaire.
Elle est entrée dans la cuisine, a souri, puis elle a ajouté qu’elle avait mal au cœur (ça fait maintenant un mois que ça dure).
Germaine n’a pratiquement rien mangé.
Jeudi soir, on lui a donné ses cadeaux.
Pas de cellulaire, à sa grande surprise et déception, mais elle a quand même eu droit à un ordi portable, un manteau, une sacoche, des bijoux et son traditionnel sac de surprises du magasin à 1$.
Vendredi, on a aussi fait un souper familial avec son frère et sa grand-mère pour souligner son anniversaire.
On a soupé tard, parce que madame avait un examen à reprendre, de la récupération, une retenue et son linge de volleyball à aller chercher.
Samedi, ce sont huit de ses amies qui sont débarquées pas juste pour le souper, mais pour la nuit aussi.
Ça, c’est un autre genre de party…
Imaginez, elles ont presque toutes couché à la maison.
Huit filles qui jasent ensemble, qui rient, qui crient, qui écoutent de la musique et qui regardent des films jusque tard le soir.
Même la chienne Tokyo a quitté le sous-sol où elles s’étaient entassées tellement elle en avait assez du «party de filles».
Mais on n’a pas tous les jours 15 ans, alors voilà, c’est fait, mais je sens bien qu’elle a encore son téléphone cellulaire dans le collimateur.
Si ce n’est pas pour l’Halloween, ce sera pour Noël, j’en suis persuadé, on n’y échappera pas, mais entre-temps, on achète du temps et du temps dans ce cas aussi, c’est de l’argent.

