Pour faire changement, Germaine n’était pas contente lundi soir dernier. «Bravo, tu vois ce que ça donne tes chroniques, on me reconnaît même à l’hôpital.» Dimanche, Germaine est allée faire du vélo de montagne à Bromont avec son frère Maxime. Pas besoin de casque pour Germaine… mais non, pas elle. Elle a planté d’aplomb dans la montagne. Pas sur la tête, heureusement, mais elle avait mal un peu partout. Elle a raconté son histoire, un peu fière d’elle en ajoutant même que, contrairement à moi qui me suis fracturé la clavicule et trois côtes dans les mêmes circonstances, il y a quelques années, elle, elle ne s’était pas fait mal ou presque parce qu’elle sait tomber, elle…. Elle a fait la brave jusqu’au lendemain après midi, alors qu’il a fallu aller la chercher à l’infirmerie de son école. Nausées, étourdissements, faiblesse, vision brouillée, douleurs aux côtes et à l’épaule… là, c’était beaucoup moins drôle. À la maison, je lui ai dit qu’elle vivait sûrement le choc de son accident de la veille et qu’elle devait avoir probablement une côte fracturée ou quelque chose du genre. «Prends donc deux Motrin et repose-toi, lui ai-je dit.» Qu’est-ce que tu connais là-dedans, je n’ai pas besoin de Motrin», ai-je eu droit comme réponse. À 19h, elle réclamait une visite chez le médecin parce que ça n’allait vraiment pas. Lundi soir je me suis donc pointé avec elle à la clinique. Plus de place, c’était complet. Faut aller à l’urgence. Me voilà donc avec Germaine à la salle de triage de l’hôpital Pierre-Boucher. Juste pour passer à l’infirmière de triage, on a dû attendre plus de 45 minutes. Le temps aussi qu’une gentille dame qui venait de se faire examiner une sévère coupure à la tête sorte de la petite pièce de l’infirmière et jette un regard en notre direction. «Mais c’est la belle Germaine qui est ici ce soir», dit-elle d’un ton amical. J’espère qu’elle ne s’est pas fait trop mal.» La dame a eu droit à un discret «mais oui, c’est moi»… Puis, elle s’est tournée vers moi; «Tu vois ce que ça donne tes chroniques, les gens me reconnaissent même à l’hôpital. T’es content là», ai-je eu droit en réprimande. Puis l’infirmière qui l’a vue a pris sa défense en disant que Germaine irait loin dans la vie parce qu’elle avait beaucoup de caractère. On a également été interpelés par deux autres personnes avant de sortir. Parce qu’on est ressorti sans avoir vu de médecin. L’infirmière d’expérience a jugé, après l’examen de triage, que Germaine avait vécu un choc post-traumatisme et qu’elle avait probablement une côte de légèrement enfoncée.» Dans ce cas, parce qu’il y avait plus de sept heures d’attente à l’urgence, le meilleur scénario c’était de rentrer à la maison, de se reposer, de prendre des Tylenol ou des Motrin, aux quatre heures, et de revenir le lendemain matin pour une radiographie. Je n’ai pas voulu en remettre, mais disons que ça ressemblait à mon diagnostic. Elle est retournée le lendemain matin, pour se faire confirmer son ecchymose aux côtes… Les parents, on ne connaît rien, c’est bien connu…

