Avec un peu de chance et en étant «au bon endroit et au bon moment», on peut observer des milliers d’oies blanches en migration automnale lorsqu’on visite la région du Cap Tourmente ou de Montmagny, près de Québec.
C’est un spectacle unique et magnifique alors que volent et planent des centaines de milliers d’oiseaux migrateurs dans un environnement tout aussi exceptionnel.
Pour les chasseurs aussi, l’arrivée des grandes oies blanches dans cette région signifie à la fois beaucoup d’action, mais aussi un spectacle unique et une possibilité de chasse qui l’est tout autant.
Que ce soit du côté de Montmagny, à l’Île-aux-Grues ou dans le secteur de la réserve du Cap Tourmente, on retrouve de nombreux pourvoyeurs qui offrent leurs services pour chasser avec succès l’oie blanche.
Vaut d’ailleurs mieux être organisé et avoir un territoire réservé parce que ce type de chasse ne se pratique pas n’importe ni n’importe comment.
Les oies blanches demeurent des oiseaux sauvages au comportement méfiant. Il faut d’ailleurs souvent miser sur les jeunes oiseaux de l’année pour espérer leurrer ces grandes blanches.
En fin de semaine dernière, nous avons eu la chance de participer à deux jours de chasse aux grandes oies blanches sur les battures de Cap Tourmente, avec un groupe de chasseurs de la Rive-Sud dont Jacques Chagnon, Jean-Pierre Poulin et André Girouard, de Saint-Lambert.
Non seulement c’était beau, ça l’était même un peu trop.
Deux jours de très belles températures (22 et 17 degrés), un soleil «mur à mur» et pas de vent ou presque.
Devant nous, l’île d’Orléans, derrière, la côte de Beaupré, le mont Sainte-Anne et à côté, les montagnes de Charlevoix.
Le tout, dans une explosion de couleurs automnales totalement spectaculaire.
Et des oies, des oies et encore des oies.
Durant nos deux jours de chasse sur la batture de Saint-Joachim, nous avons vu au bas mot 100 000 oiseaux.
Mais il faisait beau…
Trop beau même.
Nous étions sur le territoire de la pourvoirie Kennebec qui possède un petit terrain en bordure du fleuve, en plein cœur de la réserve nationale du Cap Tourmente.
Un endroit exceptionnel qui permet habituellement de très belles chasses.
La pourvoirie offre la chasse à la journée (pour environ 200$), mais aussi le plan américain complet avec hébergement et repas dans une maison de ferme.
Nous avons partagé l’auberge avec un groupe de chasseurs venus de France et, au menu, nous avons pu déguster un blanc de poulet farci au confit d’oie…
La misère pour tous…
Mauvais vent
En fin de semaine dernière, les oies volaient au-dessus du fleuve et refusaient systématiquement d’entrer dans le champ, malgré la quarantaine d’appelants au sol et même si nous avions un «call» électronique pourtant efficace, un chien et deux guides fort dévoués. Les vents, même faibles, étaient contraires alors les oies «ne rentraient pas» comme disent les guides. Après deux jours, 28 oies ont été récoltées. J’ai fermé les hostilités le dernier soir vers 18h avec le seul doublé d’oies du groupe. Un succès modeste, compte tenu du nombre très élevé d’oies dans la région et compte tenu aussi de ce site de chasse situé dans un secteur exceptionnel lui aussi. Mais la qualité de chasse est vraiment tributaire de la température. Par exemple, 10 jours plus tôt, cinq membres de notre groupe de chasseurs ont aussi chassé au même endroit. Il y avait beaucoup moins d’oies en migration, mais il faisait plus frais, c’était venteux et nuageux avec un peu de pluie. En deux jours, le groupe a récolté 145 oiseaux. Parce que la température demeure relativement clémente et que le nombre d’oies dépasse facilement les 300 000, il y aura encore sûrement de belles possibilités de chasse à l’oie blanche dans la région pour une dizaine de jours encore. Par la suite, les oies blanches poursuivront leurs migrations vers le sud, mais elles seront aussi des milliers à faire halte en Montérégie, dans les secteurs de Granby et de la Baie Missisquoi, entre autres, ce qui se traduira aussi par d’autres expériences de chasse plus locales.

