BROSSARD – Intimidations verbales et physiques, menaces, représailles, au moins un cas de voie de faits, des gestes qui se répètent et sont érigés en système. À ces allégations proférées à l’endroit de bénévoles de l’Association de soccer de Brossard et que propagent d’autres bénévoles depuis quelques mois s’ajoutait lundi soir, celle de «fraude».
L’ex-président de l’Association de soccer de Brossard, Francesco Scartozzi, a fait une sortie remarquée lors de l’assemblée régulière du conseil municipal, le 3 juillet, en rappelant avoir été élu président en novembre 2011 par l’une des plus importantes assemblées de l’ASB, il y a à peine sept mois. «Je me suis fait destituer. Pour un OSBL, je trouve ça assez bizarre parce que c’est du bénévolat», a-t-il d’abord fait valoir. Il a ajouté que la nomination de l’épouse du conseiller municipal Claudio Benedetti sur ce conseil d’administration de l’ASB ne le dérangeait pas beaucoup mais que «d’autres agissements me dérangent énormément».
M. Scartozzi a soutenu que la raison de sa destitution est d’avoir réclamé la démission de Mme Rondeau (épouse du conseiller municipal, Claudio Benedetti). Du même souffle, il a ajouté que «lorsqu’on trouve des irrégularités dans un OSBL, il faut les dénoncer». «Et moi je déclare ce soir qu’il y a une fraude à l’intérieur de cette Association de soccer de Brossard, il y a de l’argent qui disparaît, qu’on paye de trop pour nos équipements et ce sont les citoyens de Brossard qui payent. Quand on paye 400$ à 500$ de trop pour des équipements, il y a de l’argent qui disparaît et c’est très sérieux, (On donne) des contrats de cinq ans sans contestation», a-t-il déclaré, invitant la Ville à se positionner.
M. Scartozzi estime toujours être président de l’ASB puisqu’il juge que les points justifiant sa destitution étaient illégaux. «Les deux points à huit clos, c’était que je n’étais pas citoyen de Brossard», a déclaré M. Scartozzi qui affirme habiter Brossard depuis 10 ans. Quant à la vérification d’antécédents qu’on lui reproche de n’avoir pas faite, il atteste s’y être soumis à chaque année au cours de ses sept années comme entraîneur.
«Alors je suis ici ce soir pour vous dire que la démocratie a été bafouée dans l’ASB et c’est malheureux, mais des gens m’ont dit (que) c’est monsieur Benedetti lui-même qui a appelé les autres administrateurs, alors je le regarde dans les yeux M. Benedetti et j’ai honte que vous ayez fait ça dans mon dos», a lancé d’un trait M. Scartozzi. Qu’un conseiller municipal me fasse ça, je trouve ça vraiment dégueulasse. Ça vient me chercher vraiment profond. Je n’ai pas dit un mot depuis quatre mois (alors) que mes jeunes sont sur le terrain. J’entends des histoires d’horreur, je regarde surYoutube et ce n’est pas ce qu’on veut pour nos jeunes».
«Si on peut prouver qu’il y a eu fraude quelque part, je pense que c’est notre devoir d’appeler la police pour qu’ils enquêtent et trouvent les coupables et que ceux-ci soient punis en conséquence», a répondu le maire, Paul Leduc. Ce dernier a tenu à rappeler n’avoir «aucun parti pris» et que si des gens ont fait des choses qu’ils ne doivent pas faire, ils seront sanctionnés. «S’il y a eu malversation ou fraude, je pense que vous devez le démontrer, le prouver, pour que les gens concernés, les autorités, les policiers en soient saisis», de conclure le maire.
M. Benedetti n’a pas réagi lors de l’assemblée. Interrogé le lendemain par le Rive.Sud Express.ca, le conseiller municipal a déclaré n’avoir rien à dire sauf le fait que c’est M. Scartozzi qui a proposé sa femme comme secrétaire de l’ASB.
Jacques Létourneau, président de l’ASB dont le conseil est le seul reconnu par la Ville et l’Association de soccer régionale, a réfuté les allégations de fraudes, se disant certain que M. Scartozzi avance des choses sans preuves «parce qu’il n’y en a pas». Il rejette plutôt la faute sur les agissements de celui-ci. «Ça ne coûte même pas 400$ ou 500$ pour être membre de l’ASB, mais 345$-350$ pour le compétitif et 160$ pour le récréatif. Je ne sais pas où il prend ça», a-t-il commenté. Il confirme qu’un audit est fait chaque année quant aux états financiers que tous les membres reçoivent.
M. Létourneau a qualifié de «déplorables» les déclarations de M. Scartozzi au moment où une médiation avec un avocat montréalais avait lieu entre l’Association présidée par M. Jacques Létourneau, depuis novembre, et celle formée et présidée en assemblée spéciale le 17 avril par Michel Bluteau. «Avec ça, ça va péter au feu», a-t-il lancé.
M. Létourneau a dit vouloir prendre connaissance des déclarations de M. Scartozzi avant de faire d’autres commentaires, ce qu’il n’avait pas fait au moment où le journal l’appelait, mercredi.

