Escortés par une douzaine de policiers en patrouille et à vélo, moins d’une centaine de personnes ont pris part le 19 juin à une manifestation contre la hausse des frais de scolarité et la loi #78 organisée à l’invitation de la FECQ (Fédération étudiante collégiale du Québec) dans les rues de Longueuil.
Partis du cégep Édouard-Montpetit coin Gentilly et chemin de Chambly, les militants munis de casseroles et de pancartes ont entrepris une marche d’un peu plus d’une heure en empruntant la rue St-Charles, la rue Quinn et en terminant leur cavale par la rue Leblanc, pour revenir à leur point de départ.
Des citoyens favorables à leur cause ont sorti leurs casseroles, particulièrement sur la rue Leblanc, au passage du défilé à saveur légèrement nationaliste, un des militants portant fièrement un énorme drapeau du Québec. Trois députées, Marie Malavoy de Taillon ainsi que Martine Ouellet de Vachon et Monique Richard de Marguerite d’Youville, prenaient part à l’événement, accompagnées de membres du personnel de leur bureau de circonscription.
Alors qu’on avait annoncé que la présidente de la FECQ, Éliane Laberge, serait présente, c’est le nouveau vice-président de cette fédération, Vincent Olivier Bastien, qui s’est présenté, pour adresser quelques mots aux militants à la toute fin du parcours. Il était accompagné d’un autre représentant de la FECQ, Jonathan Marlot. Le vice-président aux affaires étudiantes de l’Association générale des étudiants du collège Édouard-Montpetit, Simon Bilodeau Colbert, menait également la marche.
Lors d’un court entretien avec la presse, la députée Marie Malavoy a déploré que la crise ne soit pas encore réglée. «Le plus triste, depuis plusieurs semaines, c’est qu’au lieu de chercher à apaiser, à régler, le gouvernement a l’air de laisser les choses s’envenimer», a-t-elle analysé, «manifestement, c’est un calcul électoral qu’il fait.»
«M. Charest est un irresponsable», a de son côté lancé la députée de Vachon. Martine Ouellet croit qu’il se sert de la crise pour se faire du capital politique. «C’est très malsain pour une société», a-t-elle souligné en faisant valoir qu’il tente ainsi de masquer un bilan gouvernemental «désastreux.»
Le v-p de l’AGECEM, Simon Bilodeau Colbert, a expliqué que la manifestation de Longueuil était l’une des 15 organisées au cours des derniers jours un peu partout au Québec et précédent celles, nationales, du 22 juin, à Montréal et Québec. Elle vise à donner un effet amplificateur pour la contestation.
Après la marche M. Bilodeau Colbert a déclaré être content malgré qu’il s’attendait à un peu plus de manifestants. Il croit que cette baisse de participation est due aux vacances d’été ce qui expliquerait «une base militante plus dissipée.»
Seule anicroche au tableau, les étudiants avaient prévu se rendre jusqu’au boul. Curé-Poirier, étant une importante artère commerciale, mais les policiers leur ont bloqué le passage avec une voiture patrouille à la hauteur de Leblanc. «Un malentendu», a expliqué M. Bilodeau Colbert. Les étudiants ont entrepris un court plaidoyer avec un agent de police mais ont finalement décidé de ne pas forcer la note. Sinon, le Service de police de Longueuil a assuré la sécurité sur tout le parcours avec une grande courtoisie.

