Moins d’une dizaine de citoyens ont pris part aux deux premières journées de consultation de la Ville de Longueuil portant sur le cadre de gestion patrimonial qu’entend adopter Longueuil au début de l’automne.
À peine quatre citoyens, si l'on exclut quatre élus municipaux dans la salle, ont assisté à la soirée de consultation pour l’arrondissement de Saint-Hubert tenue à l’hôtel de ville de Longueuil, le 7 juin. Un scénario similaire à la veille, à Greenfield Park, où seulement cinq citoyens se sont fait entendre.
La conseillère du comité consultatif pour la protection des biens culturels, Sylvie Parent, a expliqué que la démarche visait à recueillir les commentaires des citoyens sur des ajouts à apporter au nouveau cadre ou des commentaires qu’ils aimeraient formuler pour le bonifier.
La conseillère en architecture à la Direction de l’urbanisme, Hélène Léveillée, a d’abord livré une synthèse du nouveau cadre de gestion du patrimoine architectural pour la Ville de Longueuil. Elle a donné un état des lieux, précisant que sur le territoire il n’existe que trois sites du patrimoine reconnus en vertu de la Loi sur les biens culturels, tous dans l’arrondissement du Vieux-Longueuil.
Tout comme pour l’ensemble du territoire de l’arrondissement de Greenfield Park - à l’exception des nouvelles résidences- un secteur patrimonial désigné de l’arrondissement de Saint-Hubert est balisé par un PIIA (Programme d’intervention et d’intégration architectural). Ces secteurs ne sont donc pas protégés par la loi, ce qui n’empêche pas une démolition, par exemple.
Mme Léveillée a décrit un site du patrimoine comme étant «une entité légale définie par la loi sur les biens culturels qui est un paysage architectural qui présente un intérêt d’ordre esthétique ou historique.» Dans le nouveau cadre, 17 principes généraux sont proposés pour aborder tous les types de dossiers soumis au comité ce qui lui donne des paramètres pour aborder à peu près toutes les situations : rénovations, entretiens, démolitions, etc. Cinq de ces principes ont été particulièrement présentés lors de la rencontre.
Un des éléments qui semble majeur parmi les changements apportés est de définir une démolition partielle ou complète comme une mesure exceptionnelle, ultime et de dernier recours, étant donné qu’il s’agit d’une situation irréversible.
En ce sens, Sylvie Parent a souligné quelques changements importants dont celui d’ajouter des critères beaucoup plus restrictifs pour le propriétaire d’un site patrimonial ainsi que de rendre très onéreuse une demande de permis de démolition. Entre autres, les frais d’évaluation seraient portés à 10 000$ pour couvrir les coûts d’expertise externe mandatée par la Ville. C’est le comité de protection des biens culturels de la Ville – qui changera de nom pour comité local du patrimoine, a-t-on précisé – qui mandatera lui-même les experts.
La démolition jugée illégale du 226-228 rue Grant dans l’arrondissement du Vieux-Longueuil, le 5 mai dernier, a poussé la Ville à accélérer le processus de consultation pour adopter ce nouveau cadre. Une démarche qui devait être effectuée, de toute façon, pour arrimer la règlementation municipale avec la nouvelle Loi sur le patrimoine adoptée par Québec en 2011 et qui entrera en vigueur en octobre 2012.
Deux citoyens, Michael Fish et Gilles Lacoste, ont pris la parole, le premier pour obtenir copie du plan désignant un secteur patrimonial dans l’arrondissement de Saint-Hubert et le second pour dire qu’il avait été témoin de belles maisons par le passé qui ont été démolies ou mises en pièces et remontées à Carignan. Malgré tout, il se demande si la Ville ne met pas un peu trop de pression sur les propriétaires. «Tous le monde n’a pas les moyens, je pense et si des modifications doivent être effectuées, selon les normes, avec des permis qui coûtent les yeux de la tête, est-ce qu’une aide sera accordée ?», a-t-il en substance demandé.
Sylvie Parent a indiqué que présentement à Saint-Hubert, il n’y a pas de site formé. Elle a ajouté que la nouvelle loi vient donner la responsabilité au propriétaire de préserver une maison qui a une valeur patrimoniale. Dans les cas de restaurations ou de rénovations, les permis ne seront pas aussi onéreux et les services municipaux offriront de l’aide. La nouvelle loi préconise d’ailleurs beaucoup la restauration plutôt que le remplacement avec de nouveaux matériaux, toujours selon Mme Parent.
Les personnes qui souhaitent faire connaître leurs commentaires ou poser des questions peuvent toujours le faire en ligne, sur le site de la Ville, à l’adresse longueuil.ca/consultations. Ils y trouveront les propositions faites par la Ville. Ils ont jusqu’au 22 juin pour émettre leurs commentaires, objections ou questionnements, après quoi le comité de consultation prendre l’été pour peaufiner son projet pour adoption dès l’automne par le conseil municipal.

