La cyberintimidation en hausse depuis 2008 dans les écoles de la Rive-Sud



Luc Alllaire, conseiller à la CSQ, Fabienne Longtin, directrice de l’école secondaire Jacques-Rousseau et Réjean Parent, président de la CSQ ont dévoilé les résultats d’un sondage sur la cyberintimidation. courtoisie

Luc Alllaire, conseiller à la CSQ, Fabienne Longtin, directrice de l’école secondaire Jacques-Rousseau et Réjean Parent, président de la CSQ ont dévoilé les résultats d’un sondage sur la cyberintimidation.

Publié le 9 Avril 2011
Publié le 8 Avril 2011
 

SAINT-HUBERT– «Trois ans après le dévoilement d’un premier sondage sur la cyberintimidation, la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) confirme que le phénomène prend de l’ampleur et que le plan d’action pour contrer la violence à l’école n’a pas donné les résultats escomptés», affirmait le président de la CSQ, Réjean Parent, à l’occasion du dévoilement, jeudi dernier, à l’école secondaire Jacques-Rousseau, des résultats d’un important sondage CROP sur le phénomène de la cyberintimidation réalisé pour la CSQ.

Sujets :
CSQ , Fondation Jasmin Roy , Groupe d’élèves

Le sondage démontre que les victimes de cyberintimidation sont principalement des élèves (81%), surtout des filles (72%) plus que des garçons (40%). Comparativement à 2008, on note une augmentation importante, puisque 40% des répondants ont affirmé connaître au moins une personne ayant été la cible de cyberintimidation, par rapport à 27% en 2008. Cela prend le plus souvent la forme de propos diffamatoires (37%), de commentaires déplaisants sur l’apparence (35%), d’insultes à caractère sexuel (passant de 9% en 2008 à 15% en 2011) et à caractère homophobe (6%).

Contrairement à une idée répandue, les victimes connaîtraient l’auteur ou les auteurs de la cyberintimidation à leur égard, et ce, dans une grande proportion (79%). Il s’agirait d’élèves dans 88% des cas. Les garçons (52%) seraient majoritairement auteurs de cyberintimidation dans les cas où elle est pratiquée par un seul individu, alors que les filles (54%) auraient tendance à en être les auteures dans les cas exercés par un groupe.

De graves conséquences, un personnel démuni

La très grande majorité (94%) du personnel membre de la CSQ sondé croit que les conséquences de la cyberintimidation pour les victimes sont graves, même très graves pour 46% d’entre eux.

«Le sondage vient aussi confirmer ce que j’entends sur le terrain, c’est-à-dire que les gens sont démunis face au phénomène de la violence et que les établissements scolaires ont un rôle d’éducation à jouer afin de sensibiliser les jeunes et les adultes à cette problématique. Il faut s’en occuper et aider celles et ceux aux prises avec la violence», ajoute Jasmin Roy, président de la Fondation Jasmin Roy. En effet, trois répondants sur quatre affirment que les établissements d’enseignement sont démunis par rapport à un phénomène comme la cyberintimidation.

Il n’est pas surprenant, dans ce contexte, que le personnel sondé souhaite un engagement plus soutenu de la part de l’établissement d’enseignement. Cependant, à peine 18% des répondants en 2011 indiquent que leur établissement d’enseignement a des règles formelles qui sont comprises et appliquées. Et lorsqu’il existe des règles concernant la cyberintimidation au sein de leur établissement, un peu plus du tiers (36%) des membres affirment que peu de personnes en sont informées.

Le personnel semble moins visé

Tout comme en 2008, on observe que 5% du personnel des écoles ont été victimes de cyberintimidation depuis le début de leur carrière. Toutefois, les enseignantes et enseignants en établissements privés et ceux des cégeps sont deux fois plus nombreux à en être la cible (10%) et la majorité (60%) l’est au moyen du courriel. Les réseaux sociaux semblent être les nouveaux moyens privilégiés par les auteurs de cyberintimidation, à en juger par une hausse significative de leur utilisation (27% en 2011 comparativement à 3% en 2008).

Les auteurs de cyberintimidation dirigée contre le personnel de l’éducation sont majoritairement des élèves, et ceux-ci semblent davantage se regrouper pour agir. Alors qu’en 2008, les auteurs étaient un élève (41% des cas) ou un groupe d’élèves (4%), aujourd’hui les auteurs sont un groupe d’élèves dans 65% des cas.

«Nous avons plusieurs cas rapportés de cyberintimidation chez le personnel, comme l’usurpation d’identité ou l’intimidation par courriel. Cela est extrêmement préoccupant et peut causer des torts importants aux victimes. Ici, nous avons décidé d’agir et les résultats sont significatifs, tant pour les élèves que pour le personnel», affirme Mme Longtin, directrice de l’école Jacques-Rousseau.

Le plan d’action peu connu

En 2008, le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) a dévoilé son plan pour contrer la violence dans les commissions scolaires et les établissements privés, intitulé La violence à l’école : ça vaut le coup d’agir. Seulement une personne sur quatre (27%) a affirmé que le plan du MELS a été mis en place dans son milieu de travail. Plus troublant encore, 36 % des répondants ne savent pas s’il a été mis en place ou non dans leur école. Pourtant, ce plan en est à sa troisième et dernière année d’application. La moitié des personnes interrogées (49%) affirment que le phénomène de la violence serait demeuré stable depuis la mise en place du plan d’action du ministère.

(Source: Syndicat de l’enseignement de Champlain)

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