SAINT-HUBERT ─ Découragement, perte de confiance, et trahison de leurs élus, c’est ce qu’ont exprimé une dizaine de citoyens, parfois plus d’une fois chacun, lors du conseil d’arr. de Saint-Hubert du 11 juillet. Johanne Domingue, porte-parole du Comité Anti Pollution des Avions de Longueuil (CAPA-L), a aussi révélé au Rive-Sud Express.ca que l’organisme prépare actuellement une liste d’intervenants vers qui se tourner, par exemple le ministère des Affaires municipales, afin de faire avancer le dossier du bruit aéroportuaire.
Rappelons que lors de la séance du mois de juin, les élus ont adopté un règlement permettant l’expansion de l’entreprise Hélicraft, qui pourra désormais accueillir des hélicoptères pour la réparation. Or, en décembre dernier, la présidente de l’arr., Lorraine Guay-Boivin, aurait affirmé que l’entreprise ne pourrait jamais s’agrandir.
«Que s’est-il passé en quelques mois pour que maintenant Hélicraft puisse prendre de l’expansion», ont demandé tour à tour plusieurs citoyens, dont Louise Roy et Mme Domingue.
Quitter Saint-Hubert
«Les citoyens n’ont plus confiance. Vous n’avez plus de crédibilité à nos yeux», a affirmé Colette Martial, ancienne résidente de Saint-Hubert. Cette dame explique avoir décidé de quitter l’arrondissement en mars 2010, car la situation devenait invivable pour elle et sa famille. «On ne recevait plus d’amis à souper, je ne m’occupais plus de mon jardin, bref, nous n’avions plus de qualité de vie», a-t-elle témoigné au Rive-Sud Express.ca.
«La situation s’intensifiait depuis 2006 et c’est en 2009 que j’ai commencé à m’impliquer dans le dossier», a-t-elle spécifié. Sur son site, le CAPA-L dénombre une augmentation de 25% des vols effectués par les écoles de pilotage entre 2007 et 2009.
Depuis son déménagement, Mme Martial continue de s’impliquer dans cette cause qui lui tient à cœur, car «des citoyens qui sont pris en otages par des intérêts économiques dans une société comme la nôtre, c'est inacceptable et c’est une grande injustice».
Du côté de la Ville
Les conseillers de l’arr. Saint-Hubert ont aussi défendu leur point dans ce dossier complexe. «Nous avons modifié le règlement concernant les écoles de pilotage, en plus d’abroger l’extension du droit acquis d’Hélicraft, a expliqué le conseiller Éric Beaulieu. C’est ça le réel problème. Il ne pourra donc plus y avoir de nouvelles écoles.»
M. Beaulieu a aussi spécifié que «plusieurs mesures ont découlé du rapport Flanagan et il a été décidé en cour que DASH-L puisse limiter les heures de vol des écoles de pilotage. Par contre, la cause est en appel et l’injonction imposée l’empêche d’agir jusqu’au procès».
Les mouvements des aéronefs à travers la décennie
Michel Beaudoin, directeur général de Développement Aéroport Saint-Hubert de Longueuil (DASH-L), a dévoilé au Rive-Sud Express.ca le nombre de mouvements d’aéronefs effectués à l’aéroport de Saint-Hubert depuis 2000. Ces chiffres, rendus publics par Transports Canada, démontrent des hausses et des baisses tout au long de la décennie. En 2010, l’aéroport de Saint-Hubert est classé au 5e rang des aéroports au Canada en termes de mouvements d’aéronefs.
Les mouvements d’aéronefs depuis 2000
2000 169 000
2001 182 000
2002 170 000
2003 178 000
2004 167 000
2005 128 000 (la baisse significative est due à la nouvelle politique de frais d’atterrissage pour tous les aéronefs imposée par DASH-L)
2006 139 000
2007 150 000
2008 188 000
2009 199 000
2010 186 000

Personnellement je critique le manque de courage et de transparence des élus (oposition inclue) de Longueuil qui n'osent dire que la juridiction constitutionnelle exclusive est fédérale. Dire que le développement d'entreprises aéronautiques ne peut être restrinct, limiter ou interdit par des règlements municipaux ou provinciaux serait illégal et contesté devant les tribunaux. C'est pourtant si simple! Le CAPA-L n'est pas un interlocuteur dans le processus de gestion du bruit à l'aéroport de St-Hubert. Ils n'ont aucun pouvoir, aucune expertise, aucun avantage pour les citoyens.