Plus d’une centaine de personnes sont venues lui rendre un dernier hommage, en fin d’avant-midi. Au même moment, les obsèques de ses enfants, Karen et Lindsey, se tenaient à Beauport.
C’est le vicaire de Saint-Alexandre, Hubert Kedowide, qui a eu la lourde tâche de conduire l’électricien de 47 ans, originaire de Thetford Mines, à son dernier repos. «La cérémonie a été une occasion de se recueillir et tout s’est bien passé. Bien sûr, il y a eu des moments difficiles pour tout le monde, surtout les parents, les amis, la famille et les connaissances du défunt, mais ils se sont tous réunis dans le silence. C’est parfois dans l’incompréhension que l’on trouve réponse aux questions que l’on se pose», a-t-il déclaré.
Un père aimable
Les membres des médias n’étant pas admis à l’intérieur de l’église, le célébrant a bien voulu partager les quelques mots exprimés par la famille du défunt, dont le témoignage de sa sœur, Brigitte, qui l’a dépeint comme un «bon père, courageux et à l’écoute des autres». Le vicaire a poursuivi en disant qu’il «n’a eu qu’un seul moment où il n’a pas été à l’écoute de lui-même» et que les souffrances des dernières années ont fait fléchir l’homme. «La vie d’un homme dépasse sa fragilité et ses échecs, il faut regarder sa valeur», a-t-il mentionné.
Il a confié qu’en apprenant la nouvelle du drame par le biais des médias, il a eu un choc. Il a raconté que les parents de M. Marcoux n’avaient pas de mot pour décrire ce qui venait de se passer. «Ils étaient dépassés et déchirés par les évènements. Sa mère répétait qu’il avait été toujours bon et son père n’arrivait pas à comprendre la tragédie. Mais malgré tout, je n’ai pas senti de méchanceté envers l’autre famille», a-t-il noté.
Plusieurs personnes présentes n’ont pas voulu s’identifier, mais elles ont tout même souligné que c’était un incident «malheureux» et qu’elles ne «souhaitaient cela à personne», tout en exprimant un sentiment de sympathie envers la famille.
Une homélie sous le signe de l’espérance
Le vicaire a ainsi prononcé l’homélie en trois parties distinctes; vivre dans l’espérance, se tourner vers Dieu et la prière. «J’ai senti la famille terrassée, mais forte intérieurement durant la cérémonie. Je lui ai dit de se tourner vers le Seigneur pour nous aider à vivre sans réponse. Finalement, la prière permet de demander au Christ les mots justes pour consoler et faire de même avec les autres. C’est nécessaire pour Jocelyn, ses enfants ainsi que pour les deux familles, car les deux doivent être en communion», a-t-il affirmé.
«L’Évangile que nous avons choisi est celui de notre réponse à Jésus. Il avait dit que si nous n’en pouvions plus, de venir à lui. Il ne faut pas en rester au jugement et la célébration a été orientée afin qu’il puisse l’accueillir dans sa fragilité. Il est vrai que c’est un drame et que nous sommes désarmés face à cette situation, mais c’est ici que nous avons recours à la foi et à lui», a poursuivi le vicaire.
Jocelyn Marcoux aurait emporté avec lui dans la mort ses deux enfants, le 10 juillet dernier. Le drame s’est produit derrière la résidence familiale de la rue Richardson, à Warwick. Les enquêteurs de la Sûreté du Québec ont avancé la thèse du double meurtre, suivi du suicide. Le résultat des autopsies pratiquées sur les victimes se fait attendre.

