Sébastien Robert déplore que le projet en PPP offrira moins de services à la population que ne le prévoyait le projet en mode traditionnel mis de côté par le gouvernement libéral. Le projet de CHSLD qui devait compter 225 places et se réaliser en mode traditionnel serait maintenant un PPP de seulement 200 places. «Ce sont 25 places de moins pour desservir la population de la Montérégie, a rappelé monsieur Robert. Les profits que se réserve le promoteur privé sont autant de fonds publics détournés des services directs à la population. De plus, qu'adviendra-t-il si la compagnie à numéro du promoteur privé fait faillite ? C'est le gouvernement qui devra ramasser les pots cassés».
Le contrat, d'une durée de 25 ans, prévoit que le gouvernement versera des prestations estimées à 200 millions$ à la compagnie à numéro 7009453 Canada inc., liée au Groupe Savoie, contre un service d'hébergement. En vertu de ce contrat, le gouvernement devient locataire tout en garantissant l'hypothèque du promoteur.
Pour Amir Khadir, il s’agit-là d’un exemple typique de l'absurdité du mode PPP: « Le vérificateur général du Québec a démontré que ce mode ne comporte aucun avantage financier pour les contribuables, qui continuent, malgré les prétentions du contraire, d'assumer le gros des risques. Les seuls qui en profitent sont les promoteurs privés ».
Une manne pour les proches du PLQ
Selon des recherches effectuées par Sébastien Robert, les quatre administrateurs du partenaire privé auraient contribué 53 500$ à la caisse du PLQ entre 2000 et 2008. Seulement en 2008, les quatre administrateurs auraient contribué 11 100$. «Quand on constate cette proximité du parti au pouvoir avec le milieu des affaires, on peut se questionner sur l'insistance de ce gouvernement à défendre les PPP, souligne Sébastien Robert. On a l'impression que ce n'est pas le bien commun qui dicte les décisions gouvernementales, mais les intérêts d'entreprises qui canalisent des fonds vers le parti au pouvoir».
Pour monsieur Khadir, pas de doute possible:«Cette histoire démontre une fois de plus la nécessité d'une commission d'enquête sur le lien entre le financement des partis et l'attribution de contrats publics».
